Territoires cinématographiques – Rencontres

Du 04/07/26 au 25/07/26

Life of Chuck

Réalisation : Écrit et réalisé par Mike FLANAGAN
Casting : avec Tom Hiddleston, Chiwetel Ejiofor, Karen Gillan, Mark Hamill, Jacob Tremblay
Scénario : Adaptation magistrale de La Vie de Chuck, court roman de Stephen King publié dans le recueil Si ça saigne

Type de film : Fiction
Pays : USA
Année : 2024
Durée : 110 mn
Version : VOST

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Il est des films magiques… Life of Chuck en fait partie, véritable hymne à la vie, à ce qui fait sa saveur, à ce qui nous raccroche à elle. Une invitation joyeuse à savourer son parcours sans faire cas de sa fin dérisoire. Surtout, ne jamais perdre de vue que nous sommes une infime gouttelette d’un Grand Tout réjouissant. « L’univers contient des multitudes… il me contient aussi ! » : cette paraphrase du grand poète étasunien Walt Whitman reviendra tout au long du récit comme un mantra bénéfique. « L’univers contient des multitudes… » et indéniablement il contient Chuck, aussi ! Mais qui donc est Chuck ? D’abord un personnage, l’un de ceux créés par Stephen King qui font toujours des clins d’œil à l’enfance (à son enfance ?). S’il est l’un des maîtres du suspense (parfois de l’horreur, mais pas ici), Stephen King est surtout celui de ces subtils moments de bascule qui tiennent ses personnages sur un fil ténu, prêts à sauter dans le vide, souvent celui d’une vie adulte, sans retour en arrière possible. C’est là que ses héros de l’ordinaire se raccrochent désespérément à une inaccessible étoile, tout en réalisant qu’ils vont irrémédiablement glisser d’un monde à un autre. Instant terrible qu’adolescent on désire intensément, tout en le redoutant. En creux, il s’agit des paradis perdus, ceux de l’innocence, des royaumes de tous les possibles, des amitiés sans limites, des rêves plus intenses que leur accomplissement…

À l’opposé d’un film horrifique, Life of Chuck est un onguent réparateur qui brosse nos inquiétudes contemporaines dans le sens inverse du poil, qui se construit à rebours, contre vents, marées, tremblements de terre… Il peint le portrait, en forme de triptyque, d’une époque où plane une odeur de fin de règne, balayée par de sublimes moments de grâce, d’humanité virevoltante.
Premier tableau : ce soir-là, Marty Anderson, en rentrant chez lui, se trouve pris dans un de ces embouteillages pantagruéliques qui semblent dévorer chaque jour un peu plus le cœur de la cité, tout comme les actualités alarmistes qu’égraine son poste de radio. Il fait partie d’une vaste marée humaine désabusée qui, progressivement, pourrait cesser de se débattre et d’espérer. Pourtant au dessus du marasme ambiant plane un bienveillant sourire, celui d’une intrigante publicité dans le style des 70’s qui déclame : « 39 merveilleuses années ! Merci Chuck ! ». C’est le début de l’énigme…
Deuxième tableau, une dizaine d’années plus tôt : il nous plonge dans la vie d’un certain Charles Krantz, venu assister à un fort sérieux colloque intitulé « être banquier au XXe siècle ». Rien de très frétillant… Pourtant ce jour-là restera dans sa vie et dans nos souvenirs comme une parenthèse enchantée, vibrante, lumineuse à tout jamais…
Troisième tableau, une bonne trentaine d’années plus tôt : nous voilà aux côtés d’un petit garçon jovial, assoiffé de tendresse, qui ne cesse de boire tout ce que lui enseignent les siens, depuis les gestes joyeux de sa grand-mère jusqu’aux obsessions de son grand-père. Tous seront secoués par une annonce qui bouleversera leurs vies…

Et c’est au fin fond d’un grenier condamné que l’énigme Chuck prendra toute sa dimension à la lumière du jour et que l’on comprendra toute la portée de cette épopée subtilement philosophique qui imprègne durablement les pensées. Elle semble, tout comme le film éponyme de Rob Reiner – adapté, tiens tiens, d’un roman de Stephen King ! –, décliner à l’infini les paroles de la chanson Stand by me : « Si le ciel que nous contemplons, Devait dégringoler et tomber, Ou si les montagnes devaient s’écrouler dans la mer, Je ne pleurerai pas, Non, je ne verserai pas une larme, Tant que tu restes, que tu restes à mes côtés… Just as long as you stand, Stand by me… » Paroles de Ben E. King (décidément !), 1961.

Territoires cinématographiques – Rencontres

Suisse/France – 2014
70mn
France – 2025
68mn
France, Allemagne, Pays-Bas – 2025
324mn
Corée du Sud – 2000
110mn
Corée du Sud – 2017
68mn
Iran – 2023
107mn
Allemagne – 1992
54mn
Italie – 1963
110mn
USA / France – 2025
119mn
Corée du Sud – 2025
120mn