Les Diables

The devils

Réalisation : Ken Russel
Casting : Vanessa Redgrave, Oliver Reed, Dudley Sutton, Gemma Jones
Scénario : Ken Russel

D’après la pièce de John Whiting et le livre Les Diables de Loudun d’Aldous Huxley – Version intégrale, restaurée 4 K

Type de film : Fiction, Répertoire
Pays : GB
Année : 1971
Durée : 115 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 29/10/1971

Samedi 24 octobre
20:00
Manutention
Mercredi 28 octobre
11:30
Manutention
Jeudi 29 octobre
13:30
Manutention
Dimanche 01 novembre
20:30
Manutention
Du 24/10/2026 au 01/11/2026 – Prochaines séances

Œuvre maudite, mutilée par la censure, interdite dans pas mal de pays, longtemps invisible dans sa version intégrale, Les Diables de Ken Russell conserve aujourd’hui encore une puissance pamphlétaire intacte… Son déchaînement de violences, d’érotisme débridé et de fureur anticléricale continue de provoquer un malaise rare, comme si le cinéma lui-même y perdait toute forme de correction. Prenant d’immenses libertés avec les faits (euphémisme tant Russell transforme l’Histoire en cauchemar expressionniste), le film revient sur l’affaire des possédées de Loudun survenue en 1634, sombre affaire mêlant sexe, accusations de sorcellerie, hystérie collective et manipulations politiques impliquant le cardinal de Richelieu. Là où d’autres auraient opté pour la distance historique ou la sobriété psychologique, Russell choisit au contraire l’outrance, le vacarme, le martyre des corps et des esprits.

Le sujet avait déjà été traité par Jerzy Kawalerowicz dans Mère Jeanne des Anges (1961), œuvre ascétique et glaçante centrée sur la possession des Ursulines. Russell, lui, pulvérise toute retenue. Son film n’analyse pas la folie : il la met en scène. Rarement le cinéma aura filmé avec une telle intensité la collision entre le sacré, la chair et l’impie. Ici les vociférations remplacent les dialogues, les convulsions deviennent un langage et les cérémonies religieuses ont des allures de sabbats obscènes. Ce qui frappe dans Les Diables, c’est cette impression de frénésie absolue, comme si Russell avait voulu dynamiter de l’intérieur le film historique en se jouant du bon goût et du réel. Les superbes décors conçus par Derek Jarman participent d’ailleurs à cette sensation de déréalisation. De fait, Loudun… ressemble davantage à une hallucination géométrique et oppressante où le baroque rencontre une modernité presque futuriste (les murs immaculés évoquent un asile psychiatrique ou un laboratoire totalitaire). Tout est artificiel, théâtral, abstrait, Russell cherchant moins à représenter une époque qu’à matérialiser un monde rongé par la paranoïa religieuse. (seuilcritiques.com)

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