« La neutralité » pousse le maire à dénommer le cinéma René Vautier.


Le 22 septembre 2026, au conseil municipal d’Elne dans les Pyrénées Orientales, la nouvelle majorité a annoncé sa décision de retirer le nom de René Vautier du cinéma municipal pour le rebaptiser « Bobine Illibérienne ». Le maire, dont la liste est classée à l’extrême droite par la préfecture, ne supporte pas qu’un lieu de la commune porte ce nom-là — celui d’un homme qui s’engagea, un temps, aux côtés du FLN pour l’indépendance de l’Algérie. Il a annoncé qu’il ferait de même pour toute rue ou place qui porterait le nom d’un soutien de cette cause.

René Vautier avait vingt ans à peine quand il entra en résistance, sous l’Occupation, et en sortit décoré de la croix de guerre par le Général de Gaulle. Il en avait vingt-deux quand on l’envoya filmer l’Afrique de l’Ouest pour l’administration coloniale, et qu’il en revint avec Afrique 50, premier film anticolonialiste français — un geste qui lui coûta la prison et quarante ans de censure. Il connut ensuite l’engagement aux côtés du FLN, et la prison à nouveau, cette fois infligée par le FLN qu’il avait soutenu, pendant deux longues années. De cette déchirure naîtra Avoir vingt ans dans les Aurès, couronné à Cannes en 1972. Il fondera plus tard l’UPCB et filmera, sa vie durant, les grèves ouvrières, les luttes paysannes, les blessures faites à la terre, et les combats menés à des milliers de kilomètres contre l’apartheid.

Voilà l’homme qu’on voudrait faire disparaître d’un fronton de cinéma : un résistant, un cinéaste censuré, un homme emprisonné deux fois par deux camps, pour n’avoir jamais su se taire devant l’injustice, où qu’elle se trouve. Effacer ce nom, ce n’est pas seulement effacer une plaque. C’est décider qu’une mémoire dérange trop pour rester visible, et qu’il vaut mieux l’oublier que la regarder en face.

Signez et partagez cette pétition pour que le nom de René Vautier reste celui de son cinéma.

Ce comportement nous pousse à nous demander si changer le nom d’un cinéma n’est pas tout simplement annoncer une réorientation de la programmation cinématographique… Le cinéma pourra-t-il continuer à programmer les films de René Vautier ? Et ceux des autres cinéastes ?

Et pointe d’optimisme quand même trouvée dans le journal Le Télégramme : à Douarnenez, Le Club se rebaptise Cinéma René Vautier en réaction à la décision du maire d’extrême droite d’Elne…

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