High Hopes

Réalisation : Mike Leigh
Casting : Phil Davis, Lesley Manville, Ruth Sheen, Edna Dore
Scénario : Mike Leigh

Type de film : Fiction, Répertoire
Pays : Royaume-Uni
Année : 1988
Durée : 108 mn
Version : VOST

Vendredi 16 octobre
14:00
Manutention
Lundi 19 octobre
17:00
République
Vendredi 23 octobre
11:00
Manutention
Dimanche 01 novembre
19:10
République
Du 16/10/2026 au 01/11/2026 – Prochaines séances

Doit-on présenter Mike Leigh, l’un des plus grands cinéastes britanniques ? Avant ses films reconnus et primés : Naked, Secrets et mensonges, Vera Drake, Another year, Mr Turner… il y eut ce petit joyau aussi pétillant de malice que le regard de son réalisateur : High hopes, dont la traduction « grands espoirs », combinée aux premières images d’un Londres grisâtre et sans relief, nous met la puce à l’oreille… La capitale anglaise, et à travers elle sa société, fait partie des personnages principaux de l’histoire, tout comme la petite musique lancinante et géniale, qui enrobe constamment le récit de sentiments contradictoires et de clins d’œil : à la fois enjouée, grinçante d’humour noir, désabusée, elle rajoute un côté burlesque à cette fresque irrévérencieuse, qui n’en manque déjà pas. High hopes joue brillamment avec le comique de répétition, assume son lot de personnages aux comportements outrés et caricaturaux, juste ce qu’il faut pour, tout en nous faisant rire, semer un léger malaise. Ils sont tous tellement humains ! Le pire est que cette tragicomédie reste plus de trois décennies plus tard d’une fraîcheur si contemporaine qu’elle nous glace légèrement les sangs : elle renferme en son sein les poisons qui continuent de se diffuser dans les veines de notre monde moderne.

Oh oui ! (Re)voir High hopes, réécouter Miss Maggie de Renaud (chanson qui nous a toutes bien fait marrer… à part peut-être Madame Thatcher), un verre de bière irlandaise à la main… c’est réaliser ce à quoi notre monde n’a pas échappé, tout comme les deux principaux protagonistes du film, Shirley et Cyril, ne parviennent pas à échapper aux piqûres insidieuses du gros cactus envahissant (justement surnommé « Thatcher ») qui trône, incontournable, dans leur minuscule appartement. C’est toute une époque qui est décrite, dans laquelle chacun et sa chacune tente de surnager en cédant ou pas aux miroirs aux alouettes d’un capitalisme galopant alors que l’État-providence se fait méticuleusement atomiser par le gouvernement d’alors.
C’est aussi toute une galerie de personnages qui va défiler sous nos yeux, un peu à la façon dont La Bruyère croquait ses caractères : il n’y aura pas de quartier. Il n’y a guère que le couple de Shirley et Cyril qui sera un peu épargné. Sans doute parce qu’ils portent en eux les questionnements du réalisateur et apparaissent comme les plus sensés, grâce à une forme de conscience politique (Marx oblige !) qui les met un peu à l’abri du consumérisme ambiant et du discours dominant. Et puis ils ont cette belle complicité à demi-mots, même si Shirley est un peu casse-bonbons avec ses histoires de rejetons : Cyril ne comprend pas son envie irrépressible de mettre au monde un môme, de fonder ce truc détestable qu’est une famille. Il faut dire que la sienne… Entre sa vieille mère acariâtre qui commence à perdre la boule, esseulée dans son ancien quartier ouvrier voué à la gentrification… Sa sœur Valerie dont l’hystérie débordante ne parvient pas à camoufler son profond mal être et le vide de sa vie… Son dégoûtant et libidineux beau-frère, qui transpire d’une beaufitude infinie… Rien ni personne qui donne envie de se reproduire…

Heureusement il y a les éternels petits biscuits de Shirley, sa bonhommie naturelle, son regard qui se moque tendrement de tout et rend ainsi le monde plus léger, sans être dupe du fait qu’il ne sera jamais parfait.

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