L’Aventure rêvée

Das geträumte abenteuer

Réalisation : Valeska Grisebach
Casting : Yana Radeva, Syuleyman Letifov, Stoicho Kostadinov, Nikolay Shekerdjiev, Denislava Yordanova, Tiana Georgieva
Scénario : Valeska Grisebach, Lisa Bierwirth
Récompenses : Festival de Cannes 2026 – Prix du Jury

Type de film : Fiction
Pays : Allemagne, Bulgarie
Année : 2026
Durée : 162 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 15/07/2026

Mercredi 15 juillet
14:15
Manutention
Mercredi 15 juillet
19:45
Manutention
Jeudi 16 juillet
15:45
Manutention
Vendredi 17 juillet
19:45
Manutention
Samedi 18 juillet
14:15
République
Samedi 18 juillet
18:00
Manutention
Dimanche 19 juillet
11:45
Manutention
Dimanche 19 juillet
16:10
Manutention
Lundi 20 juillet
19:40
Manutention
Mardi 21 juillet
17:00
République
Mercredi 22 juillet
19:45
Manutention
Jeudi 23 juillet
13:45
Manutention
Vendredi 24 juillet
17:40
Manutention
Samedi 25 juillet
20:00
Manutention
Dimanche 26 juillet
15:50
Manutention
Lundi 27 juillet
17:30
Manutention
Mardi 28 juillet
12:00
Manutention
Mardi 28 juillet
15:40
Manutention
Du 15/07/2026 au 28/07/2026 – Prochaines séances

Bienvenue à Svilengrad, petite bourgade perdue au sud, sud-est de la Bulgarie, à la frontière de la Grèce et de la Turquie. On est ici aux confins de l’Europe de l’Est, « laissée pour compte » d’une « communauté économique » très occidentalo-centrée. Comme dans toute ville-frontière qui se respecte, Svilengrad est une zone de non-droit qui ne dit pas son nom, plaque tournante de trafics en tous genres : hommes et marchandises y transitent en toute impunité dans un rapport très relatif à la légalité ; corruption, intimidation sont monnaies courantes, dans un climat pesant de sourde et perpétuelle violence. Il n’est pas rare que les choses, les individus, se volatilisent sans laisser aucune trace. Prenez Saïd par exemple. Un solitaire, qui sillonne cette contrée sous un soleil de plomb pour se livrer à de mystérieuses transactions et qui, au sortir d’une boîte de nuit après sa journée harassante, constate que sa voiture n’est plus là. Disparue, volée. Il tombe par hasard sur Veska, une amie d’enfance perdue de vue, laquelle lui propose son aide pour retrouver le véhicule. C’est que les investigations, Veska ça la connaît : archéologue pour le moins aguerrie, elle est revenue dans son village pour mener à bien des fouilles sur un site perché sur la montagne surplombant la frontière. Mais voilà que Saïd lui-même disparaît. Déter’, un brin véner’, Veska se lance à la recherche de son ami. Et quand elle n’est pas occupée à remuer la terre, à brosser et rincer ses antiques trouvailles et à râler sur l’état de la route qui mène au site, elle descend en ville, furète, questionne innocemment les commerçants. Jusqu’à ce que ses investigations remontent aux oreilles du puissant parrain local, autre connaissance de jeunesse de Veska…

Sorte de polar taiseux, qui observe plus qu’il n’explique, L’Aventure rêvée avance subrepticement, par tâtonnements, par petites touches. Un détail dans une conversation, dans un comportement, nous ouvre toute une histoire, un passif, des regrets. Ayant construit son scénario à partir de conversations avec des Bulgares de sa génération – ceux qui avaient vingt ans quand le Mur est tombé en 1989 –, la réalisatrice Valeska Grisebach (à qui l’on doit le très beau Western en 2017) joue avec et surtout déjoue les codes du genre, avance dans son récit d’un pas faussement hésitant vers une résolution cathartique. « J’ai souvent entendu dire que les années 1990 avaient été une « époque d’hommes », presque « un temps de guerre », pas une époque « pour les femmes ». Cette analogie guerrière s’est entremêlée à mon attrait pour les genres cinématographiques à dominante masculine, qui nous en disent beaucoup sur la façon dont la société construit le genre. J’ai beaucoup réfléchi au récit guerrier – la valeur de la force, l’obligation de vaincre – comme trame de fond qui traverse la vie des personnages, les invite à s’y conformer et influence leurs choix. » La cinéaste dessine un personnage féminin unique en son genre. Veska, du haut de ses soixante ans, n’hésite pas à tenir tête à des hommes façonnés par des décennies de pratiques sexistes et de codes misogynes, programmés pour exclure et surtout exploiter les femmes. Yana Radeva, impressionnante comédienne non-professionnelle, incarne à travers Veska une lignée de femmes puissantes, issues de pays livrés à l’abandon, fermement décidées à lutter contre cette domination. Et c’est assez jouissif de la voir accomplir haut la main cette « mission (supposément) impossible ».

D’autres films à l’affiche

Corée du Sud – 2016
118mn
Allemagne – 1998
98mn
Taïwan – 2015
105mn