La vallée des loups
Réalisation : Écrit et réalisé par Jean-Michel Bertrand
Type de film : Documentaire
Pays : France
Année : 2016
Durée : 90 mn
Version : VOST
Jeune Public : Oui
Jean-Michel Bertrand a grandi au cœur des Alpes. Il se lance un pari fou : aller dans la montagne, dans des territoires encore secrets, à la recherche des loups. Pendant trois ans, il crapahute tout là-haut. Les conditions sont difficiles, entre le vent glacial, la neige et la pluie, peu importe.
Dans cette vallée, ils sont revenus. Il en a la certitude, il va les trouver. Chasseur d’images, Jean-Michel Bertrand est un peu détective aussi. Il quadrille le territoire, cherche des indices de leur présence, essaie de comprendre où et quand ils se déplacent. Et passe des jours et des nuits entières au milieu des arbres, sur les chemins de crête. La nature est majestueuse, toutes sortes d’animaux assurent un spectacle étonnant. Auquel Jean-Michel Bertrand prête une attention distraite : avec sa caméra, il n’en a que pour les loups… qui ne se montrent pas.
On s’est habitué à découvrir au cinéma de beaux documentaires sur la vie sauvage. Celui-ci se distingue. C’est l’histoire d’une obsession magnifique. La partie de cache-cache se poursuit à travers les saisons, qu’on voit revenir. Pourquoi tant vouloir les voir, ces loups ? Pour les voir, c’est tout. Riche d’une mythologie jamais évoquée mais toujours présente, l’image de l’animal devient un Graal. La nuit, des caméras planquées comme des radars enregistrent le passage de la meute. Mais ces images-là ne comptent pas, elles ne sont qu’informatives : la règle du jeu, c’est de rencontrer la bête, de la voir à l’œil nu et de la filmer soi-même.
Pour nous faire marcher dans ses pas, Jean-Michel Bertrand se montre en situation de reportage tout en restant très discret : quand, après des nuits de bivouac, il finit par rentrer chez lui, la caméra s’arrête. On voudrait connaître ce passionné de nature, qui n’avait signé jusqu’ici qu’un film, consacré aux aigles, Vertige d’une rencontre (2010). Mais l’anonymat qu’il préserve rejoint la radicalité séduisante de son aventure : pour voir les loups, il faut se camoufler, disparaître. En devenir un.
(Frédéric Strauss, Télérama)


