Il faut brûler maman
Réalisation : Albert Dupontel
Casting : Louise Coldefy, Julia Piaton, Artus, Albert Dupontel
Scénario : Albert Dupontel
Type de film : Fiction
Pays : France
Année : 2026
Durée : 80 mn
Sortie nationale : 11/11/2026
Albert Dupontel et le cinéma, c’est une longue histoire d’amour vache qui dure, à la surprise générale, depuis tout juste trente ans. En 1996, ce comédien à l’humour inquiétant venu du one-man-show (comme on appelait alors le stand-up) passait pour la première fois derrière la caméra et accouchait de Bernie : un manifeste punk définitivement hors-norme – grinçant, rigolard, teigneux, mal élevé, bruyant, filmé à la hache, bref : un film à nul autre pareil et une expérience décisive qui lui valut instantanément un statut jamais démenti de cinéaste culte pour toute une génération de cinéphiles alternatifs, en même temps qu’une solide réputation de sale gosse ingérable du cinéma français.
Depuis le comédien choisit ses rôles avec parcimonie (mais un goût certain), le scénariste prend son temps pour peaufiner ses scripts, le réalisateur ne se précipite pas pour nous donner de ses nouvelles : neuf longs métrages en trente ans, ce n’est pas un rythme effréné. D’autant que, depuis quelques films, en artisan consciencieux, l’animal prend en plus le temps d’organiser discrètement, de-ci de-là, des projections test de versions de travail qui lui permettent de remettre jusqu’au bout sur le métier (la table de montage) son ouvrage. On a vu ainsi de film en film s’affirmer un auteur inclassable, dont l’humour noir grinçant se teinte d’une irrépressible tendresse pour les marginaux et dont la mise en scène virevoltante doit autant au dessin animé qu’au cinéma burlesque. Il a payé son écot à ses maîtres (Terry Gilliam, Bertrand Blier entre autres), s’est essayé avec bonheur au classicisme flamboyant multi-césarisé (Au revoir là-haut), a décroché la timbale avec le formidable Neuf mois ferme… puis tenté avec Second tour un remake un peu trop sérieux pour convaincre de La Gueule de l’autre, comédie politique naguère portée par le tandem Poiret-Serrault…
Revenant aux sources de son cinéma : la comédie grinçante, Il faut brûler maman nous plonge dans le quotidien improbable d’une famille d’entrepreneurs de pompes funèbres pour le moins singulière, tout droit échappée de la série-culte Six feet under. La fratrie de croque-morts, deux sœurs et un frère, est réunie pour organiser les funérailles de sa propre mère. Seul problème, et pas des moindres : le personnel du funérarium est en grève. Livrés à eux-mêmes, les rejetons vont devoir retrousser leurs manches et accomplir le protocole funéraire de leurs propres mains. Une question centrale et délicate s’impose alors à eux : comment s’accorder pour brûler maman ?



