Her private hell

Réalisation : Nicolas Winding Refn
Casting : Sophie Thatcher, Charles Melton, Kristine Frøseth, Havana Rose Liu, Dougray Scott
Scénario : Nicolas Winding Refn, Esti Giordani

Type de film : Fiction
Pays : Danemark, USA
Année : 2026
Durée : 109 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 23/09/2026

Mercredi 23 septembre
14:00
Manutention
Mercredi 23 septembre
20:50
Manutention
Jeudi 24 septembre
16:45
Manutention
Vendredi 25 septembre
14:45
Manutention
Vendredi 25 septembre
21:10
Manutention
Samedi 26 septembre
18:30
Manutention
Samedi 26 septembre
21:00
Manutention
Dimanche 27 septembre
16:40
Manutention
Dimanche 27 septembre
20:30
Manutention
Lundi 28 septembre
18:00
Manutention
Mardi 29 septembre
20:40
Manutention
Mercredi 30 septembre
16:15
Manutention
Jeudi 01 octobre
18:00
République
Vendredi 02 octobre
21:00
Manutention
Samedi 03 octobre
18:20
Manutention
Dimanche 04 octobre
20:50
Manutention
Lundi 05 octobre
11:40
Manutention
Mardi 06 octobre
13:40
Manutention
Jeudi 08 octobre
16:10
Manutention
Dimanche 11 octobre
20:00
République
Lundi 12 octobre
12:00
Manutention
Mardi 13 octobre
21:10
Manutention
Du 23/09/2026 au 13/10/2026 – Prochaines séances

Peu de réalisateurs paraissent obsédés par l’image autant que Nicolas Winding Refn. Au point de sans cesse la fétichiser, la sublimer. Au risque de s’y perdre aussi, parfois. Cela faisait d’ailleurs dix ans que le réalisateur danois de Drive (2011) ou de The Neon demon (2016) n’avait plus tourné pour le cinéma, multipliant les projets de séries pour les plateformes. Her private hell, son nouveau long-métrage, colle davantage à l’univers de ces dernières qu’à ses films précédents, comme si l’œuvre du cinéaste avançait vers toujours plus d’abstraction. D’une grande sophistication, l’image joue ici de compositions parfaitement maîtrisées ainsi que d’une impressionnante palette de couleurs digne d’une gamme Pantone, servie par tout un jeu de lumières au néon. Des décors aux costumes, tout est à l’avenant, manifestant, là encore, un souci poussé du détail, le goût d’une certaine esthétique rétro-futuriste, lorgnant par moments vers la science-fiction ou le film d’horreur.

Les personnages de Her private hell évoluent d’ailleurs dans un univers artificiel. Une métropole dont les tours dépassent des nuages, gagnée au niveau du sol par un mystérieux brouillard. C’est dans un lobby d’hôtel qu’Elle (Sophie Thatcher) fait la rencontre de la jeune Hunter (Kristine Froseth), avec qui elle s’apprête à tourner un film. Dans la chambre où elles remontent, elles sont bientôt rejointes par Dominique (Havana Rose Liu), la nouvelle compagne du père d’Elle, Johnny Thunders (Dougray Scott). Les trois femmes commencent à se livrer et à raconter de drôles d’histoires d’enfer, de quêtes mystérieuses et d’un meurtrier aux gants de cuir sertis de diamants, dont il faudrait couper les mains pour le tuer. Peu à peu, ces récits viennent s’immiscer dans leur réalité, quand elles croisent le chemin de Private K. (Charles Melton), un soldat américain qui a perdu sa fille.

Avec sa référence à La Petite fille aux allumettes, Her private hell se place d’emblée du côté du conte. Rompant avec toute narration traditionnelle, Nicolas Winding Refn s’attache ici davantage à des archétypes – la fille, la jeune femme abandonnée, le père, le diable –, qu’il fait errer dans des décors sans cesse changeants, rejouant à l’infini des sentiments primaires : le désir, la peur, la tristesse. Visuellement saturé, le film n’en semble pas moins toujours au bord de l’abîme, guetté par le vide, dévoré par les fantômes absents qui habitent les personnages. Plongeant le spectateur dans une fascination hypnotique – ou un terrible ennui…

Cette traversée des enfers est ponctuée, comme toujours chez Nicolas Winding Refn, de moments où la violence surgit de manière brutale, froide, lors de scènes de meurtre ou de combat aussi bien armé qu’à mains nues. Ce qui impressionne ici le plus, c’est sans doute cette capacité qu’a le cinéaste à se réapproprier ses influences européennes, asiatiques, américaines, allant du comics au giallo, en passant par la statuaire grecque. « Tu es l’unique résidu de poussières d’étoiles », insiste Dominique auprès de Hunter, pour qu’elle embrasse pleinement sa singularité.

Si Her private hell a plus de choses à montrer qu’à raconter, il a également beaucoup à faire entendre. Le film dégage une froideur que la bande originale signée Pino Donaggio vient sans cesse réchauffer. Les compositions du maître italien rappellent celles qui ont été écrites il y a des décennies pour Brian De Palma, avec leurs thèmes mélancoliques. Elles sont l’âme d’un film imaginé comme un labyrinthe d’images et d’affects, entre rêve et cauchemar. (Boris Bastide, Le Monde)

D’autres films à l’affiche