Trois adieux

Tre ciotole

Réalisation : Isabel Coixet
Casting : Alba Rohrwacher, Elio Germano, Galatea Bellugi, Francesco Carril, Silvia D’amico, Sarita Choudhury, Lorenzo Terenzi
Scénario : Isabel Coixet, Enrico Audenino

D’après le roman Tre ciotole, de Michela Murgia

Type de film : Fiction
Pays : Italie, Espagne
Année : 2025
Durée : 122 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 02/09/2026

Mercredi 02 septembre
14:00
Manutention
Mercredi 02 septembre
20:40
Manutention
Jeudi 03 septembre
13:45
Manutention
Vendredi 04 septembre
18:00
Manutention
Samedi 05 septembre
14:00
Samedi 05 septembre
19:40
Dimanche 06 septembre
15:20
Lundi 07 septembre
18:30
Manutention
Mardi 08 septembre
16:20
Manutention
Mardi 08 septembre
20:40
Manutention
Du 02/09/2026 au 08/09/2026 – Prochaines séances

Une image du ciel de Rome, rougeoyant au-dessus des monuments millénaires surplombés par un vol tournoyant de milliers d’étourneaux – impressionnants rassemblements de piafs criards qui se formeraient instinctivement, tente de nous expliquer une voix off, pour éviter les attaques d’oiseaux prédateurs. « Et si c’était pour le simple plaisir de la voltige » ? Ce plan, qui ouvre et ferme délicatement ce film élégant et sans pathos, en résume magnifiquement la poésie existentielle. Au cœur de la parenthèse aérienne enchantée, la difficile, grave et belle question de l’acceptation de notre finitude : comment sortir de la peur, du silence, comment faire et dire les choses tant qu’il en est temps ?

Elle est prof de sport dans un lycée, il est chef d’un restaurant gastronomique, en pleine ascension. Marta et Antonio forment un joli couple de quadragénaires amoureux, ils ont tout le reste de leur vie devant eux. Pourtant, au retour d’une soirée d’inauguration écourtée par le départ de Marta, une dispute éclate, Antonio reprochant à Marta de se désintéresser de sa carrière et de ses obligations sociales. Une bisbille des plus banales, que tous les couples ont vécu – qui s’amplifie déraisonnablement, prend un tour plus radical et conduit de fil en aiguille Antonio à décider de quitter brutalement sa compagne, laissant Marta sidérée. S’ensuit pour la jeune femme une période de profonde apathie, puis de colère, qu’elle exprime en ligne en se déchaînant vachardement en commentaires anonymes incendiaires sur le restaurant d’Antonio, ou en s’inventant, pour contrarier son ex, un compagnon imaginaire inspiré d’un chanteur célèbre de K Pop. Mais Marta ne se remet pas de la séparation, perd l’appétit, est prise de nausées qu’elle tente de soigner par le mépris – jusqu’à ce qu’un contrôle médical lui révèle qu’elle est rongée par un cancer métastasé, aux chances de guérison minimes. Après avoir encaissé la nouvelle, Marta décide qu’il n’est que temps de redéfinir ses priorités et de se réapproprier le cours de sa vie.

Directement adapté du roman autobiographique de l’italienne Michele Murgia, elle-même condamnée à 51 ans par un cancer, le film d’Isabel Coixet a l’infini mérite de ne jamais être tire-larmes et de valoriser au contraire, dans un voyage à la destination inéluctable, tous les petits plaisirs dont on se prive ou qu’on remet sempiternellement à plus tard dans le train-train de nos activités quotidiennes. Ou comment le sentiment d’urgence provoque paradoxalement la nécessité de profiter, de prendre son temps. Écouter de la musique, savourer une glace à la recherche de ses souvenirs d’enfant gourmande, redécouvrir sa ville (Rome est un personnage à part entière du film, qui rend magnifiquement hommage aux quartiers du Travestere et du Testaccio), flirter sans arrière-pensées avec un collègue timide, charmant et drôle, s’ouvrir aussi aux autres, retrouver une sœur injustement malmenée dans le passé : il s’agit de remplir magnifiquement son temps compté pour se faire du bien – et en faire aux autres. Et c’est ainsi – grâce en particulier à une brochette de comédiens d’une magnifique vitalité (au premier rang desquels Alba Rohrwacher, merveilleuse) – qu’un film qui aurait pu (aurait dû ?) verser dans le pathos lacrymal ou pour le moins déchirer le cœur, se mue en une ode lumineuse et joyeuse à la vie.

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