The good sister

Schwesterherz

Réalisation : Sarah Miro Fischer
Casting : Marie Bloching, Anton Weil, Proschat Madani, Laura Balzer, Jane Chirwa, Aram Tafreshian, David Vormweg
Scénario : Agnes Maagaard Petersen, Sarah Miro Fischer

Type de film : Fiction
Pays : Allemagne
Année : 2025
Durée : 96 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 02/09/2026

Mercredi 02 septembre
18:45
Manutention
Jeudi 03 septembre
15:40
Manutention
Vendredi 04 septembre
14:00
Manutention
Samedi 05 septembre
19:10
Dimanche 06 septembre
14:45
République
Lundi 07 septembre
20:45
Manutention
Mardi 08 septembre
18:45
Manutention
Du 02/09/2026 au 08/09/2026 – Prochaines séances

Devant la police, Rose est sidérée. Elle n’en revient pas. Refuse d’y croire. Il doit y avoir erreur sur la personne. Un violeur, Sam ? Impossible. Un violeur, ce grand frère attentionné, doux, complice, qui s’est toujours mis en quatre pour elle ? Impensable. Pas ce frangin qui lui ouvre sans barguigner sa porte quand elle déboule au milieu de la nuit, sa valise sous le bras. Qui l’héberge sans poser de question – et même s’il préférerait qu’elle dorme sur le canapé parce qu’elle ronfle comme pas permis, c’est tête-bêche dans son lit qu’ils finissent par s’endormir. Sam, le bon samaritain qui lui déplie son canapé et improvise chez lui une coloc pour une durée indéterminée… Une cohabitation de rêve – excepté, peut-être, cette nuit où Sam a ramené une fille dans sa chambre. Rose ne voulait vraiment pas entendre, a essayé plusieurs subterfuges mais les bruits étouffés, le départ précipité de la jeune femme lui ont laissé une impression désagréable. Sensations fugaces oubliées au matin. Jusqu’à, donc, cette convocation de la police : on lui demande de venir témoigner car la jeune fille accuse Sam de viol. Or, sœur aimante et loyale, Rose en est convaincue : son frère est incapable de faire une chose pareille, ce n’est pas un monstre. Il s’est forcément passé quelque chose entre eux que l’accusatrice a mal compris, ou n’assume pas. Un malentendu – à moins que la prétendue victime n’ait quelque chose à se reprocher… c’est la seule explication.

Rose, qui s’est toute sa vie reposée sur son frère, qui s’est toujours sentie protégée, doit remettre en question une certitude gravée dans le marbre : et si Sam était réellement coupable de ce dont on l’accuse ? Qu’est-ce que ce comportement – abject – peut bien raconter de lui, d’elle, de la relation entre elle et lui ? Le doute s’installe et la taraude. Ce choc et ce doute obligent Rose à réévaluer sa façon de considérer le monde et les gens qui l’entourent. À se questionner sur ce dont elle pourrait être capable mais également sur son rapport à la justice. Faut-il soutenir coûte-que-coûte le frangin adoré ? Ou la vérité doit-elle s’imposer, quitte à tout perdre ?

Pour la réalisatrice Sarah Miro Fischer – qui signe avec The good sister son premier film –, après la première vague #MeToo qui a enfin donné la parole aux femmes victimes de violence sexuelles, il est grand temps de mettre en question notre sens du jugement et d’accepter la banalité, la quotidienneté, la familiarité du mal. On le sait, l’agresseur n’est que rarement cet inconnu effrayant traquant sa proie dans une ruelle sombre – qui fait la une des gazettes et rassure à bon compte les familles. « J’ai moi-même été victime de violences sexuelles. Je connais les nombreuses étapes à franchir pour surmonter cette épreuve et, dans mon cas, à un certain moment, il est devenu important de considérer l’agresseur comme un être humain. De cette façon, il n’avait plus aucun pouvoir sur moi : il n’était plus un monstre auquel je n’avais aucune chance de faire face ». C’est le propos même du film : gratter l’humanité dans ses zones d’ombres, dire, accepter et faire le pari que, sortie du déni, la société ne s’en portera que mieux.

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