Bye bye, Brésil

Bye bye Brasil

Réalisation : Carlos Diegues
Casting : Betty Faria, José Wilker, Fábio Júnior, Zaira Zambelli

Type de film : Fiction
Pays : Brésil
Année : 1980
Durée : 105 mn
Version : VOST

Mercredi 03 juin
17:00
République
Jeudi 04 juin
13:50
Manutention
Vendredi 05 juin
16:45
Manutention
Samedi 06 juin
12:10
Manutention
Dimanche 07 juin
20:30
Manutention
Lundi 08 juin
14:30
Manutention
Mardi 09 juin
16:15
Manutention
Jeudi 11 juin
13:30
Manutention
Vendredi 12 juin
12:00
Manutention
Dimanche 14 juin
20:30
République
Lundi 15 juin
18:10
Manutention
Mardi 16 juin
14:10
Manutention
Du 03/06/2026 au 16/06/2026 – Prochaines séances

« C’était en 1979. Le général Geisel, au pouvoir depuis cinq ans, avait engagé une politique d’ouverture (« a abertura ») que le général Figueiredo allait bientôt poursuivre. Les opposants de gauche étaient amnistiés, la censure assouplie dans la presse comme dans le monde de la culture, y compris dans le cinéma. On ignorait encore quel Brésil verrait le jour sur les cendres de la dictature militaire et l’on ne savait pas quand cela surviendrait, mais une espèce d’énergie était dans l’air. L’espoir d’un changement profond était là. En témoignaient films et pièces de théâtre. Le projet de Bye Bye Brasil s’inscrit dans ce contexte très particulier, en se présentant comme une ode au Brésil à venir. » Carlos Diegues

Si Je suis toujours là nous racontait la disparition de l’ex-député progressiste Rubens Paiva en 1971 et le long combat d’Eunice Paiva à la recherche de son mari, puis d’une reconnaissance de son enlèvement par les forces armées, mettant ainsi en lumière une période sombre du Brésil sous dictature militaire (1964-1985), Bye bye Brasil, qui nous transporte à la même période, adopte un point de vue totalement différent.
Incontournable jalon du cinéma brésilien, le film de Carlos Diegues doit beaucoup à un excellent scénario et à un personnage principal inénarrable : Lorde Cigano, saltimbanque voyageur, incarnation même du filou. Accompagné de la séduisante Salomé et de leur fidèle acolyte noire Andorinha, il se produit dans les bourgades du Nord-Est du Brésil, où le trio rencontre par hasard un accordéoniste idiot, Ciço, et sa femme enceinte, Dasdô. Ensemble, les deux couples voguent de ville en ville en quête de revenus. Mais les temps changent, entre l’avènement de la télévision et la sécheresse qui sévit de plus en plus dans la région, ils ne parviennent plus à vendre de billets pour leurs pauvres spectacles. Nos compères doivent se débrouiller autrement, trouver de nouvelles ressources. Lorde Cigano entend alors parler d’une route récemment construite, la Transamazonienne, reliant la ville lointaine d’Altamira, une sorte de porte de l’Amazonie, là où, selon ses informations de première main, se dessine l’avenir du pays, au-delà de la frontière lointaine, là où se trouve l’argent…
Bye Bye Brasil nous embarque à travers ce grand Brésil en pleine mutation, aux côtés de ces artistes itinérants qui parcourent le pays dans leur caravane, offrant des spectacles aux populations les plus démunies. Leur périple sur la Transamazonienne, aussi pittoresque que sociologique, devient alors une métaphore du passage de l’ancien au nouveau monde. En passant de la forêt vierge à la ville nouvelle de Brasilia, le film confronte les personnages et les spectateurs à une réalité en constante évolution.

Carlos Diegues rend hommage au néoréalisme italien en racontant l’histoire de ces charlatans qui extorquent de l’argent à quiconque vient les voir, entre tours de magie douteux et numéros divinatoires bien ridicules. Le scénario rappelle La Strada, pour le côté itinérance et cirque, et aussi Il Bidone à cause des fumeuses escroqueries organisées pour profiter des naïfs.
Mais Bye Bye Brasil est surtout un road-movie dont les péripéties sont profondément ancrées dans le Brésil des années 1970, une époque difficile, où la pauvreté gagne du terrain dans les campagnes, insufflant un burlesque assumé mélangé aux tragédies paysannes bien réelles. Les Brésiliens ont faim et n’ont plus de quoi vivre et les prestidigitations hasardeuses créent le contraste avec les situations miséreuses. Tout du long, le film joue brillamment sur les oppositions, passant du comique au dramatique avec aisance. Il met en scène le monde de la débrouille, peuplé de personnes qui vivotent et sont dans la galère, le tout avec une écriture lumineuse qui privilégie toujours l’espoir à la tristesse…

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90mn
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121mn
GB, USA – 2025
100mn