Les Mélancolies de Sade
Réalisation : Guy Marignane
Casting : Didier Sauvegrain, Catherine Gandois, Sarah-Jane Sauvegrain
Scénario : Guy Marignane
Type de film : Fiction
Pays : France
Année : 2019
Durée : 73 mn
Sortie nationale : 29/01/2020
Jeudi 08 octobre à 18:15 à Avignon.
Séance le jeudi 8 octobre à 18h15 en présence du réalisateur Guy Marignane.
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Grâce à une esthétique sensible, le film nous prend par la main à la découverte de Sade avec justesse et émotion. Il ne faut pas fuir Sade, il faut, au contraire, l’écouter pour gagner notre propre liberté. Tout le Marquis de Sade est dans cette phrase : « Ce n’est pas ma façon de penser qui a fait mon malheur c’est celle des autres ! » Ce film est une ode poétique, un petit poème en prose. Envoûtant ! Thibault de Sade
Durant les dernières années de sa vie, le Marquis de Sade est emprisonné. Seul face à ses errances, cet homme de Lettres écrit presque chaque jour. On découvre ainsi un être d’une complexité exquise : à travers sa douloureuse introspection se dessine un homme amoureux, visionnaire mais aussi un être fragile et terriblement humain… Ce récit va à l’encontre des présupposés sur Sade.
Le film dévoile un être d’une complexité exquise, un penseur majeur qui écrivit presque chaque jour de ses vingt sept ans d’enfermement. Et pourtant de plus en plus seul face à ce qui le tue, les instruments de sa torture : de l’encre, une plume et du papier.
Il est aussi beaucoup question d’errance dans Les Mélancolies de Sade : fantômes, squelettes, nymphes, des paysages traversés par les ruines et les lieux déserts, battus par les vents, écrasés par le soleil, déchirés par l’orage, noyés dans la lagune vénitienne, jusqu’à la carriole brinquebalante du Charon.
Ce Sade, qu’on rencontre dans la promiscuité de sa condition de prisonnier, est un homme jaloux, amoureux, moderne, précurseur mais aussi hanté par la mort, un homme fragile, terriblement « humain ».
Pour Geneviève Goubier, Présidente des Études sadiennes, le film de Guy Marignane évoque les dernières années de la vie de Sade, emprisonné dans une cellule qui n’est pas celle de Charenton mais la représentation métaphorique de celles qu’il a occupées dans sa vie. C’est autour du rêve de Sade, qui se sent appelé par le fantôme de la Laure de Pétrarque, que se construit l’introspection parfois douloureuse, parfois lumineuse de l’écrivain. Le réalisateur nous donne à entendre la voix de Sade, à travers des extraits de lettres ou de textes, imagine l’impossible rencontre avec Rousseau, évoque avec nostalgie les amours avec Renée-Pélagie de Montreuil et Anne-Prospère de Launay.
Tourné au château de Saumane, le film ramène Sade chez lui, dans ce lieu originel qu’il a tant aimé et où il souhaitait que ses cendres pussent reposer un jour. Loin des clichés, Guy Marignane nous livre son approche personnelle et sensible d’un Sade que l’inquiétude semble avoir déserté et qu’il nous présente justement, à savoir tel que Sade lui-même se définissait, en homme de Lettres.



