mardi 29 septembre 2026 à 19:00

Présence réalisatrice

Dans le cadre de la Semaine culturelle libanaise éclatée, à l’initiative de l’association Djéliya Internationale-Liban, la séance du mardi 29 septembre à 19h00 sera suivie d’une discussion avec la réalisatrice Sylvie Ballyot et des membres de l’association. Le film est soutenu par le collectif La Grande Chamaille.

Green Line

Réalisation : Sylvie Ballyot


Type de film : Documentaire
Pays : France, Liban, Qatar
Année : 2024
Version : VOST
Sortie nationale : 18/02/2026

Quelles marques laissent dans le for intérieur d’une enfant le fait d’être plongée dans une guerre, de voir son quartier et sa ville, Beyrouth, en proie aux explosions, et de marcher dans des rues jonchées de cadavres ? Telle est une des questions majeures à laquelle s’est attachée Sylvie Ballyot dans Green Line en filmant Fida Bizri, qui a vécu ce traumatisme dans les années 1980.

Si la cinéaste utilise des images d’archives, elle a surtout mis au point un dispositif qui permet de se retrouver au plus près de la réalité de Fida enfant : ce sont des maquettes de la ville, où apparaît notamment la ligne verte (green line), qui séparait les parties adverses, et où sont disposées des figurines représentant des combattants, des cadavres, ainsi que la petite Fida, avec sa robe rouge et ses cheveux noirs bouclés, identique à son apparence adulte.

Devant ces maquettes, Fida Bizri interroge tour à tour des vétérans des différents camps sur leurs motivations de l’époque, sur la façon dont ils étaient engagés dans les combats et sur les victimes qu’ils ont faites. Pour eux, la défense de « la cause » et des leurs légitime tout. La plupart disent qu’ils n’ont pas vu ceux qu’ils ont tués. Fida Bizri, elle, invoque leur responsabilité individuelle. Elle revient sur cette scène qu’elle a vécue devant son école où un combattant l’a tenue en joue avec son arme — dont l’identité, qu’il soit chrétien ou musulman, importe finalement peu pour elle. Ce moment, où toute jeune elle s’est apprêtée à mourir, symbolise pour elle la tragique absurdité de la guerre. Ces « confrontations » sont riches, ressemblent parfois à un dialogue de sourds, et ont aussi une forte charge émotionnelle, notamment quand, avec sa sœur, elle parle avec un homme qui a traversé le même massacre que leur père.

Quelques voix dans le film rejoignent la sienne, celles d’ex-combattants qui ont fait leur examen de conscience. Mais, sur le plan collectif, rien n’a été réglé, apuré.

L’association Djéliya Internationale a pour objectif de développer les échanges culturels entre les différents pays du sud et du nord en s’appuyant sur les moyens locaux de ses membres. Nous présenterons, en partenariat avec l’association, le film Do you love me de Lana Daher, le 10 novembre en présence de Jihad Darwiche.

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