Maison de poupée
A doll’s house
Réalisation : Joseph Losey
Casting : Jane Fonda, Delphine Seyrig, Edward Fox, Trevor Howard, David Warner
Scénario : David Mercer
Type de film : Fiction, Répertoire
Pays : GB, France
Année : 1973
Durée : 102 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 17/05/1973
Norah (Jane Fonda) et Kristine (Delphine Seyrig) sont amies depuis l’enfance. Norah quitte son village pour épouser un jeune clerc, Torvald (David Warner). Kristine, elle, se résout à quitter celui qu’elle aime, Krogstad (Edward Fox), pour épouser un homme plus âgé mais fortuné. Des années plus tard, Torvald est malade et Norah organise le départ de sa famille en Italie, afin que son époux guérisse…
Joseph Losey était au début des années 1970 dans une période faste de sa carrière. Il venait de décrocher la Palme d’or à Cannes avec Le Messager et il avait plusieurs projets en cours lorsqu’il décida de réaliser Maison de poupée en confiant le rôle de Norah à Jane Fonda, tant les liens entre le personnage et l’actrice lui apparaissaient évidents : « C’est une personnalité électrique, et j’aime son honnêteté absolue… »
La pièce d’Henrik Ibsen, écrite en 1879 suscita à l’époque la controverse, la chute, novatrice, étant jugée particulièrement scandaleuse. La pièce fut pourtant représentée partout en Europe, bien que parfois amputée de son finale.
Dans une société dominée par les hommes, Norah est une poupée, une marionnette aux mains de son père, puis de son époux. D’abord « fille de », elle devient « épouse de ». Elle est heureuse, aimante, elle est ce que l’on attend d’elle. Toujours en mouvement mais pourtant immobile, jusqu’au moment où elle décide de tout quitter pour se découvrir elle-même…
Le tournage fut compliqué, Jane Fonda et Delphine Seyrig, toutes deux actives militantes féministes, n’étant pas pleinement d’accord avec le scénario. Malgré tout, Losey réussit à rendre compte d’un contexte historique et social, transposant avec justesse un 19e siècle austère et glacial. Il joua avec les couleurs et les lumières, faisant de son film une véritable toile de maître.
(Festival Lumière)
« D’une pièce difficile, Losey a fait un film admirable… Il a composé une sorte de symphonie d’images passionnées et passionnantes. Le miracle de la caméra, la maîtrise de la direction d’acteurs, interviennent. C’est un film sans faille, sans faute, sans faiblesse. Par ailleurs, c’est un hymne à la femme libre, plus exactement à la femme qui sait se libérer des carcans millénaires. Nulle actrice ne pouvait mieux incarner Norah que Jane Fonda. » (Samuel Lachize, L’Humanité-Dimanche, 13 février 1973)


