Les mille et un jours du Hajj Edmond
Simone Bitton
Type de film : Documentaire
Année : 2025
Pays : Maroc, France
Durée : 93 mn
Scénario : Simone Bitton
Le 23 juin 2026 à 20:15 à Avignon.
Séance le mardi 23 juin à 20h15 suivie d’une rencontre avec la réalisatrice Simone Bitton.
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« Je suis un Juif marocain. Cela ne se discute pas », écrivait Edmond Amran El Maleh. Une phrase simple, presque sèche, qui balaie d’un revers de main bien des débats identitaires – et qui sert ici de point de départ. Les Mille et un jours du Hâjj Edmond n’est pas un portrait classique. Simone Bitton écrit son film à la première personne, adressé à un absent. Elle lui parle, elle doute, elle avance. Et ce faisant, elle se dévoile aussi : née au Maroc, vivant entre plusieurs langues, plusieurs appartenances, elle se définit comme « Juive arabe », une position qui, dans le monde actuel, n’a rien d’évident à tenir. « Nos voix sont nécessaires, aujourd’hui plus que jamais », dit-elle en creux. Mais à qui parler, quand celui qui incarnait cette parole n’est plus là ?
Le film bifurque alors vers ces zones où l’histoire intime rencontre la grande. Depuis Palestine, histoire d’une terre jusqu’à Ziyara, Simone Bitton travaille obstinément les questions d’exil, de mémoire, d’appartenance. Ici, elles passent par la figure d’El Maleh : farouche opposant au sionisme, militant communiste engagé dans la lutte pour l’indépendance du Maroc, passionné d’arts plastiques et témoin d’un siècle marqué par l’exil des Juifs marocains et l’exode des Palestiniens, lecteur et compagnon de route de Mahmoud Darwich, il a incarné une mémoire vibrante, tissée de récits personnels et collectifs. Un homme qui a quitté le Maroc sans jamais vraiment le quitter. Le film ne déroule pas le fil de sa vie. Il la contourne, la fragmente. Quelques précieux témoignages – une employée, des amis, un artiste –, des lectures de textes, des images d’archives… le patchwork, presque artisanal, se construit sous nos yeux, sans lisser ses coutures pour faire revivre cet érudit attachant et complexe, auquel la réalisatrice mêle son propre regard de cinéaste…
Au bout du compte, Les Mille et un jours du Hâjj Edmond propose, mine de rien, un geste assez simple : retourner aux textes, les lire vraiment, et voir ce qu’ils peuvent nous dire d’aujourd’hui. Un film habité par la nécessité impérieuse de faire vivre une voix plus que jamais nécessaire. (d’après Olivia Popp, Cineuropa.org)



