Ulysse
Laetitia Masson
Type de film : Fiction
Année : 2026
Pays : France
Durée : 97 mn
Date de sortie nationale : 17/06/2026
Casting : Elodie Bouchez, Stanislas Merhar, Romane Bohringer, Gringe, Alphonse Roberts
Scénario : Laetitia Masson
Avant d’être un titre, Ulysse est le prénom d’une petite créature, d’abord embryon, puis petit garçon, appelé sans coup férir à devenir un homme. Quand bien même cet Ulysse-là ne serait pas de ces guerriers pour lesquels on écrit L’Odyssée, son courage n’en est pas moins remarquable. Son parcours est celui de la multitude de héros anonymes et ordinaires, méconnus de la grande Histoire. Mais point d’aventure héroïque sans un équipage composé de vaillants compagnons : c’est ainsi que la geste de notre Ulysse s’inscrit dans une véritable épopée familiale, qui charrie son lot de bravoure, de contradictions, de désenchantements et de victoires ! Peut-être la vie appartient-elle à ceux et celles qui refusent la résignation ?
Tout commence de la façon la plus banale du monde : un couple (il est pianiste, elle est chercheuse en sociologie), un test de grossesse et, très vite, un nourrisson. Un p’tit gars, pour la plus grande joie du papa. On accélère… C’est l’heure des premiers mots, des premiers pas… qui ne viennent pas. Du moins pas dans les délais prévus par les pédiatres. Plus petit, plus malingre que les autres, il s’avère qu’Ulysse est un bébé « pas pressé ». Qu’importe, Alice (Élodie Bouchez, lumineuse, subtile…), sa mère, ne le sera pas non plus, bien décidée à ne pas contraindre mais à accompagner, entourer, à rester placide, patiente, souriante… Elle enveloppe son petit bonhomme de toute la douceur, de toute l’harmonie possibles et… de toute sa combativité ! Elle « élève » son fils avec pour seul mantra : lui accorder toute sa confiance. Un cap dont elle ne dévie pas d’un pouce, même à l’annonce du diagnostic. Quel diagnostic ? L’un de ceux destinés à rester vague, un truc imprononçable, « syndrome génétique » qui vous renvoie principalement à des batteries d’examens, vous plonge dans un océan d’incertitudes. Auxquelles Alice oppose ses propres certitudes. Se ressourçant quand il faut auprès de sa meilleure amie (la si chaleureuse Romane Bohringer !), elle aide son fils à gagner en autonomie, ne lâche rien, jamais, prête à affronter et persuader la terre entière – à commencer par son compagnon Luc (Stanislas Merhar, tout aussi subtil…), qui a une approche tellement différente…
Cet Ulysse, que la réalisatrice nous invite à rencontrer et observer au-delà de son handicap, c’est de la poésie, du bonheur et du rêve à l’état brut. Une de ses plus belles aptitudes (partagée avec l’acteur qui l’interprète, qui n’est autre, dans le moment adolescent de son personnage, que le propre fils de Laetitia Masson), c’est de « trouver des sources de joie inépuisables » dans les petites choses de la vie. Car si l’intrigue est bel et bien une fiction, elle sonne particulièrement juste en puisant dans l’expérience personnelle du duo mère-fils, dans son intimité. Le film nous place à hauteur du regard de l’enfant, qui encaisse les discours surplombants. Il interroge avec une bienveillance constructive et salutaire les dérives d’un système mercantile prétendument « inclusif ». Ulysse est une invitation à (ré)éduquer notre regard, à accueillir les singularités, à refuser toute forme de discrimination sociale. C’est un film qui fait du bien aux neurones et au moral, dont il faut s’emparer !



