La femme de

David Roux

Année : 2025
Pays : France
Durée : 93 mn
Date de sortie nationale : 04/08/2026
VOST

Mélanie Thierry, Eric Caravaca, Arnaud Valois, Jérôme Deschamps, Jérémie Renier
David Roux, Gaëlle Macé – d’après le roman Son nom d’avant d’Hélène Renoir

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Du 15/04/2026 au 05/05/2026 – Prochaines séances

Nous vient immédiatement à l’esprit une référence évidente, une filiation qui, loin de plomber le film, lui offre au contraire comme un socle solide à partir duquel déployer toute sa singularité. Cette référence, c’est Claude Chabrol, référence absolue dans l’art de dépeindre au cinéma la bourgeoisie française, d’en décortiquer au scalpel les codes, d’en ausculter les symptômes, d’en révéler la petitesse cachée derrière les luxueuses façades. Si le film se passe bien de nos jours, le monde étouffé et étouffant qu’il raconte semble figé dans le temps. À l’image de la grande demeure désuète, imposante, dans laquelle se déroule la majeure partie du récit. Des meubles aux vernis précieux, de l’argenterie impeccablement lustrée, des nappes amidonnées, des lits profonds qui ont connu les naissances, les morts et les ébats conjugaux – et extra-conjugaux – de plusieurs générations. Des chambres d’enfants sans joie, des portes qui grincent et des escaliers de service.

À la mort de sa vieille mère, au tout début du film, c’est une évidence pour Antoine, l’aîné de la famille : il va venir s’installer ici avec femme et enfant – et assumer l’héritage de cette famille de riches industriels, dont le pouvoir autant que le patrimoine se transmet de père en fils. Sa femme Marianne, qui (bien sûr) ne travaille pas, s’occupera de son père malade et âgé. C’est l’usage, chez ces gens-là. Dans ces familles, à moins d’entrer en dissidence, on ne conteste pas la parole de l’homme. « Femme de » docile, Marianne a renoncé depuis longtemps à sa liberté et s’est coulée dans un moule rigide, finalement assez confortable, qui lui garantit un statut social envié et un prie-dieu réservé à l’église. La femme d’Antoine, donc, endosse ce nouveau rôle de nurse, comme elle a accepté les autres : épouse, mère, belle-fille, belle-sœur, paroissienne… Avec résignation et une certaine forme de détachement, comme anesthésiée par cette vie qui se déroule à l’insu de ses désirs et la mène inexorablement à son propre effacement. Mais elle a beau être lucide sur cette lente dissolution d’elle-même, elle ne cherche pas à lutter ni fuir. Pour aller où ? Vivre de quoi ? Comme beaucoup de femmes, malheureuses, mal-aimées, voire malmenées, elle reste. Par peur de l’inconnu et aussi « pour les enfants » : elle ne mesure que trop bien ce que représente la descendance (masculine) dans le schéma familial.

Mais l’édifice va se fissurer. D’abord lorsque Tim, son jeune fils, tente d’acheter sa présence en lui tendant un billet : elle comprend alors qu’il a déjà basculé du côté obscur de la lignée patriarcale et capitaliste de la maison. Et puis il y a cet homme, surgi d’un passé qu’elle a soigneusement occulté, et qui cherche à la revoir. Doucement, elle prend conscience de son enfermement, de son renoncement – et du prix à payer pour simplement sauver sa peau.

Deuxième long métrage de David Roux après le remarqué L’Ordre des médecins, La Femme de est un drame d’intérieur feutré, presque claustrophobe, portée par la performance de Mélanie Thierry qui offre une belle complexité au personnage de Marianne, ambivalente et pas vraiment sympathique. Il y a beaucoup de cruauté dans cette peinture froide et grise de ce monde où se perpétue le pouvoir – un monde qui s’accroche à son existence, replié sur ses traditions, hermétiquement fermé aux (r)évolutions sociétales, aux principes d’égalité homme-femme ou de consentement. Mais il y brille aussi l’espoir, offert au détour d’un regard ou d’une parole et qui donne aux femmes la force de s’affranchir de leurs geôliers, fussent-ils bien élevés et bien fringués.

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