Si tu tends l’oreille

Mimi o sumaseba

Réalisation : Yoshifumi Kondo
Scénario : Hayao Miyazaki

D’après le manga d’Aoi Hiiragi

Type de film : Animation, Fiction
Pays : Japon
Année : 1995
Durée : 111 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 04/11/2026

Mercredi 04 novembre
17:40
Manutention
Jeudi 05 novembre
21:00
Manutention
Vendredi 06 novembre
18:40
Manutention
Samedi 07 novembre
14:00
Manutention
Dimanche 08 novembre
15:45
Manutention
Lundi 09 novembre
20:50
Manutention
Mardi 10 novembre
11:40
Manutention
Mercredi 11 novembre
16:00
Manutention
Jeudi 12 novembre
13:30
Manutention
Vendredi 13 novembre
20:40
Manutention
Dimanche 15 novembre
16:00
Manutention
Lundi 16 novembre
17:00
République
Du 04/11/2026 au 16/11/2026 – Prochaines séances

C’est une scène qui fait battre le cœur à tout rompre. Un soir, une collégienne à l’âme romanesque descend dans l’atelier d’un jeune apprenti luthier. Elle l’écoute jouer quelques notes de violon, puis l’accompagne au chant sur l’air folk Country roads, de John Denver, en japonais dans le texte. Alors que sa voix hésitante se fraie un chemin dans la nuit, une bande de papys concertistes débarquent, armés d’instruments Renaissance, et rejoignent les duettistes, amplifiant leur ballade d’une somptueuse variété d’arpèges et de tessitures intemporelles. Grâce suprême d’un moment où l’amour spontané des deux adolescents naît à lui-même et prendra le reste du film pour se dire.

Ce passage magique est issu de Si tu tends l’oreille (1995), unique long-métrage d’animation de Yoshifumi Kondo et premier du Studio Ghibli à n’avoir été réalisé ni par Hayao Miyazaki, ni par Isao Takahata, ses deux fondateurs et irréductibles piliers. Kondo, jusque-là technicien chevronné, était pressenti pour prendre la relève d’un Miyazaki qui espérait partir à la retraite après l’immense chantier de Princesse Mononoke. Succession confirmée par le succès miraculeux que rencontra au Japon ce sublime conte réaliste, bouleversant de simplicité, mais que devait contredire le décès prématuré du jeune réalisateur deux ans et demi plus tard, inaugurant une malédiction de l’héritage dont le Studio ne se remettrait jamais vraiment.

Kondo était pourtant parvenu à creuser une voie singulière, très personnelle. Ici, une émotion intense sourd de la restitution infiniment précise du quotidien, celui de Shizuku, héroïne typique des productions Ghibli, entre l’appartement trop étroit qu’elle habite avec les siens et ses trajets rêveurs dans les rues d’une banlieue tokyoïte. La pente initiatique du récit ne va pas chercher le merveilleux dans l’imaginaire, mais le recueille à la surface des choses : dans les recoins de la ville, la beauté d’un geste, la fugacité des impressions lumineuses ou la contemplation de l’instant. De même, l’animation fait le pari de rogner sur le dynamisme pour se tenir au plus près du sentiment adolescent, sur la crête duquel elle vogue admirablement. Un joyau de sensibilité et de justesse (Mathieu Macheret, Le Monde)

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