Plus fort que moi

I swear

Réalisation : Écrit et réalisé par Kirk Jones
Casting : avec Robert Aramayo, Shirley Henderson, Maxine Peake, Peter Mullan

Type de film : Fiction
Pays : GB
Année : 2025
Durée : 121 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 01/04/2026

Lundi 18 mai 2026
14:00
Manutention
Jeudi 21 mai 2026
11:40
Manutention
Lundi 25 mai 2026
16:15
Manutention
Mardi 26 mai 2026
14:45
République
Mercredi 27 mai 2026
20:50
Manutention
Jeudi 28 mai 2026
12:00
Manutention
Lundi 01 juin 2026
14:15
Manutention
Mercredi 03 juin 2026
11:40
Manutention
Mardi 09 juin 2026
19:30
République
Jeudi 11 juin 2026
11:45
Manutention
Dimanche 14 juin 2026
20:30
Manutention
Mardi 16 juin 2026
17:40
République
Jeudi 18 juin 2026
12:00
Manutention
Du 18/05/2026 au 18/06/2026 – Prochaines séances

À présent retiré des affaires, l’ami Ken Loach, du haut de ses quelques cinquante ans de carrière, peut être fier : non seulement il a bâti une filmographie exemplaire mais en plus ses films, idéalement dosés en humour et en drame, puissamment politiques et vibrants d’humanité, ont durablement infusé le cinéma mondial. Et fait école jusque dans la vieille Albion qui l’a si souvent snobé. C’est le cas, on l’aura compris, de ce réjouissant Plus fort que moi (titre original : I swear, « je jure » en anglais), qui nous a emballés, interloqués, passionnés, émus aux larmes, tout en nous chatouillant irrésistiblement les zygomatiques… Preuve que, pour peu qu’on soit en parfaite empathie avec les personnages, on peut s’émouvoir sans s’apitoyer, et qu’il est possible, et même sain, de rire de bon cœur avec (et non pas contre) les personnes handicapées en butte aux tracasseries et aux obstacles que leur oppose une société au validisme profondément enraciné – que le handicap soit visible ou non, ou juste un peu, ou pas immédiatement reconnaissable…

Adaptée, selon la formule consacrée, « de faits réels », voici, à l’orée des années 1980, l’histoire édifiante de John Davidson, cadet d’une famille de la classe moyenne du Sud de l’Écosse, dont la vie toute tracée (il brille davantage comme gardien de but le dimanche que sur les bancs de l’école) bascule méchamment au moment de l’adolescence. Il devient atone, ses bras, ses jambes, son cou se crispent, se déplient, se tordent sans prévenir ; il aboie inopinément des insultes ou des insanités – bref : par à-coups, le corps et la voix de John lui échappent totalement. Et ses parents, démunis, de punir ; ses camarades, cruels, de se moquer ; ses professeurs, démunis ET cruels, de sévir… Évidemment rien n’y fait. L’époque, le milieu social : rien ne permet de diagnostiquer le trouble neurologique (Syndrome de la Tourette) dont est atteint John, qui est peu à peu exclu, relégué sur les voies de garage de la société tandis que sa famille se disloque…
Le salut, inespéré, vient dix ans plus tard de la rencontre de John avec Dottie – la mère de son meilleur (et même seul) ami. Infirmière psychiatrique, Dottie met les mots sur l’état de John, à présent jeune adulte marginalisé. Dottie sait que des traitements existent pour accompagner les symptômes sinon les guérir – mais surtout, elle a, chevillée au corps, la certitude que John a toute sa place dans la société et que celle-ci n’a d’autre choix que d’évoluer, s’adapter pour inclure ses membres les plus fragiles. Dottie prend donc sous son aile le vilain petit canard boiteux, l’accueille dans son foyer, le nourrit, l’aide à trouver un travail, lui donne son trop-plein d’amour maternel… sans condition, sans jugement. De fil en aiguille, John s’autonomise, apprend à s’accepter – et, plus difficile encore, à se faire accepter. Et entreprend de partager son expérience et d’aider autour de lui les victimes atteintes du syndrome de la Tourette, ainsi que leurs familles.

Magnifique ode à la tolérance, le film est à l’image de son titre original, malin, qui joue sur le double sens – comme en français – du mot « jurer » : acte de foi et d’engagement (jurer sur la Bible) aussi bien qu’éructation des bien nommés « jurons » qui agressent les oreilles des bonnes gens. La mise en scène, très classique, suit de manière chronologique l’histoire véridique de John Davidson, oscillant entre le comique et l’émotion. C’est aussi la révélation d’un acteur, Robert Aramayo, au visage singulier, qui livre une performance exceptionnelle. Il donne notamment la réplique à Peter Mullan, l’acteur-réalisateur familier de Ken Loach (inoubliable dans My name is Joe). La boucle est bouclée.

D’autres films à l’affiche

Espagne – 2026
111mn
Japon – 2025
127mn
Norvège – 1975
France – 2026
86mn